De Livry à Hong-Kong, à la croisée des chemins

année : 2012

lieu : Paris

crédits photos : Hélène Hilaire

« Autrefois, c’était de l’Orient que descendaient, comme d’un centre de lumière, vers les régions obscures de l’Occident, les religions, les sciences, les arts, toutes les sagesses et toutes les poésies. » Théophile Gautier, 1882.
Ramy Fischler propose à l’occasion des Designer’s Days 2012 ayant pour thème Identités, une intervention sur la question des Chinoiseries. Une évidence, pour parler d’une manufacture artisanale d’origine chinoise s’installant dans un hôtel particulier parisien du XVIIIème siècle. Il signe donc les tapis de la nouvelle maison – en collaboration avec la créatrice textile Heidi Winge Strom – dans une scénographie originale dédiée à cette période inédite de rapprochement entre l’Orient et l’Occident.
Les « chinoiseries » sont des objets d’art d’inspiration exotique, souvent extrême- orientaliste, dont l’attrait s’est développé en Occident au XVIIIe siècle. Le sujet de ces porcelaines, laques ou autres tapisseries, est souvent celui d’un Orient rêvé, valorisé par des détails techniques extrêmement sophistiqués. Ce goût pour l’ailleurs est doublé d’une grande rivalité économique et technologique, donnant lieu à une forme de protectionnisme et de compétitivité industrielle. En France, cela donnera naissance aux Manufactures Royales,de tissage, de faïence et de laque qui produiront pendant près d’un siècle et demi des milliers d’objets copiés d’Asie, pour contrer l’importation.
Le designer voit à travers cette pratique et son contexte historique d’étonnantes similitudes avec certains enjeux actuels, comme l’émergence d’une forme de mondialisation. On peut aussi prêter à cet engouement des résonances philosophiques humanistes liées au siècle des Lumières et de l’Encyclopédie : pourquoi ne pas voir dans ce goût pour l’Ailleurs un souci d’émancipation, propice à la découverte et au progrès ? C’est dans cette pluralité de sens que Ramy Fischler y a porté intérêt, et propose un évènement ouvert au public et à l’échange pour partager ces enjeux de design. Entre les tapis réalisés en complicité avec la marque, l’exposition de pièces anciennes, l’installation vidéo et sonore, et la prise de parole historique, cette intervention protéiforme ressemble à une histoire des objets en marche, portée par un designer à la démarche très singulière.

 

 

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Scénographie de l'exposition "De Livry à Hong-Kong, à la croisée des chemins" - Festival D'days

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2012